La culture de l'opium en Birmanie a fortement baissé, excepté dans certaines zones de conflit: enquête de l'ONU

La culture de l'opium en Birmanie a fortement baissé, excepté dans certaines zones de conflit: enquête de l'ONU. Image: ONUDC6 Décembre 2017 - La surface totale occupée par les cultures de pavot à opium en Birmanie a considérablement diminuée en 2017 passant de 55 500 hectares enregistrés en 2015, à 41 000 hectares, une baisse de 25% selon l' enquête sur l'opium en Birmanie 2017 publiée aujourd'hui par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Les réductions les plus importantes ont été visibles dans l'État Shan oriental avec une baisse de 37% et dans l'État Shan du Sud, avec une baisse de 29%. Toutefois, le rapport révèle également que bien que des progrès aient été faits, les États Shan du Nord et Kachin ont vu des réductions de moins de 3% et 7%, ce qui représente sur le terrain une baisse de seulement 600 hectares au total.

La réduction de la superficie des cultures a été partiellement contrebalancée par un rendement à l'hectare plus élevé, le niveau potentiel de production d'opium chutant à 14% comparé au niveau 2015.

Le rapport confirme à nouveau le lien entre conflit et opium en Birmanie, et il confirme également que la culture et la production se sont maintenues à des niveaux similaires à 2015 dans les zones peu sûres où des groupes d'insurgés sont actifs. Jeremy Douglas, Représentant régional de l'ONUDC, a noté que "la connexion entre gouvernance et sécurité d'un côté et pauvreté et conflit de l'autre, est indéniable. Nous continuerons à appuyer le processus de transition pour passer d'une dépendance à l'opium à d'autres opportunités économiques durables. Mais cela ne peut être fait indépendamment du processus de paix, et nous aurons besoin d'un accès au reste du territoire."

Il a ajouté que: "Tant qu'une partie importante des territoires des États Shan et Kachin demeurent instables et, de fait, autonomes du reste du pays et de la région, cet environnement demeurera un lieu sûr pour les gérants du trafic de drogues."

Le déclin dans la culture de l'opium se produit dans un contexte de marché régional des drogues en mutation, avec une chute des prix de l'opium et de l'héroïne au cours des dernières années, due au glissement vers les drogues synthétiques et en particulier les méthamphétamines dans la plupart des pays d'Asie de l'Est et du Sud-Est.

Le Ministre des Affaires intérieures, le Général Kyaw Swe, a reconnu que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour répondre de manière efficace aux volumes élevés d'opium, d'héroïne et autres drogues produites en Birmanie. Il a commenté: "le gouvernement de Birmanie est heureux de voir les progrès réalisés, mais nous sommes d'accord que bien que beaucoup ait été accompli, il reste encore beaucoup à faire, et nous continuerons à appuyer les programmes qui fournissent des solutions alternatives utiles aux communautés qui produisent de l'opium. Nous travaillerons également avec l'ONUDC et nos voisins pour faire face à la production et au trafic de drogues et de précurseurs chimiques."

Troels Vester, Responsable du pays pour l'ONUDC, a mis l'accent sur l'importance des initiatives de développement alternatif durable, notant que "la Birmanie a pris d'importantes dispositions pour faire face à la culture de l'opium, en particulier dans l'État Shan du Sud où nous mettons en oeuvre un programme conjoint. Mais nous reconnaissons également qu'il reste encore un travail énorme à accomplir, et un appui soutenu sera essentiel à nos efforts."

Plus d'informations:

Enquête sur l'opium en Birmanie 2017

L'ONUDC en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique

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